{"id":694,"date":"2019-11-02T15:35:11","date_gmt":"2019-11-02T14:35:11","guid":{"rendered":"http:\/\/cawoliege.be\/?p=694"},"modified":"2019-11-02T15:35:12","modified_gmt":"2019-11-02T14:35:12","slug":"decouverte-des-premiers-pollens-dorchidee-fossiles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cawoliege.be\/index.php\/2019\/11\/02\/decouverte-des-premiers-pollens-dorchidee-fossiles\/","title":{"rendered":"D\u00e9couverte des premiers pollens d&rsquo;orchid\u00e9e fossiles"},"content":{"rendered":"\n<p><strong> La relation \u00e9troite qui lie ces \u00e9tonnantes plantes \u00e0 fleurs \u00e0 leurs  insectes pollinisateurs dure depuis au moins quinze \u00e0 vingt millions  d&rsquo;ann\u00e9es. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p> Il y a quinze et peut-\u00eatre vingt millions d&rsquo;ann\u00e9es, les abeilles  butinaient d\u00e9j\u00e0 les fleurs d&rsquo;orchid\u00e9es\u00a0! Une \u00e9quipe de chercheurs  am\u00e9ricains, br\u00e9siliens et hollandais publie, en effet, dans la revue <em>Nature<\/em>  dat\u00e9e de ce jour, de saisissantes photos d&rsquo;une abeille fossilis\u00e9e dans  de l&rsquo;ambre, portant sur son dos un amas de pollen pr\u00e9lev\u00e9 sur une esp\u00e8ce  d&rsquo;orchid\u00e9e jusqu&rsquo;alors inconnue des botanistes, <em>Meliorchis caribea<\/em>.<br>La  d\u00e9couverte de ce sp\u00e9cimen exceptionnel, dans une mine situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;est de  la ville de Santiago, en R\u00e9publique dominicaine, dans des gisements de  lignite datant du Mioc\u00e8ne (entre 15 et 20 millions d&rsquo;ann\u00e9es), est  int\u00e9ressante \u00e0 double titre. Tout d&rsquo;abord, et bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la  famille de plantes \u00e0 fleurs la plus repr\u00e9sent\u00e9e sur Terre, avec pr\u00e8s de  20 000 esp\u00e8ces recens\u00e9es, c&rsquo;est la premi\u00e8re fois que des pal\u00e9ontologues  r\u00e9ussissent \u00e0 mettre la main sur un fossile d&rsquo;orchid\u00e9e dont l&rsquo;identit\u00e9  est attest\u00e9e sans ambigu\u00eft\u00e9. D&rsquo;autres fossiles pr\u00e9sum\u00e9s ont bien \u00e9t\u00e9  exhum\u00e9s par le pass\u00e9, mais tous \u00e9taient plus ou moins sujets \u00e0 caution.  Ensuite, l&rsquo;observation d&rsquo;une interaction aussi ancienne entre une plante  et son pollinisateur est un fait sans pr\u00e9c\u00e9dent. Elle montre que la  co\u00e9volution entre ces deux groupes d&rsquo;organismes vivants, eux-m\u00eames tr\u00e8s  \u00e9volu\u00e9s, est un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s ancien et encore \u00e9nigmatique. <em>\u00ab Ce  qui me pla\u00eet dans ce travail, c&rsquo;est de voir que cette nouvelle esp\u00e8ce  d&rsquo;orchid\u00e9e a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9tude morphologique de ses  grains de pollen et de leur position sur l&rsquo;abeille\u00a0\u00bb,<\/em> souligne Marc Pignal, botaniste au Mus\u00e9um national d&rsquo;histoire naturelle, \u00e0 Paris.<br>Les  orchid\u00e9es sont en effet les seules plantes dont les grains de pollen  sont r\u00e9unis en deux petits paquets, appel\u00e9s pollinies, qui vont se  coller sur le dos du premier insecte venu se gorger de nectar. Ce  dernier, en allant visiter une autre fleur, sera d\u00e9lest\u00e9 d&rsquo;une partie de  son chargement, permettant ainsi la f\u00e9condation. Les modalit\u00e9s de  l&rsquo;\u00e9change varient bien s\u00fbr d&rsquo;une orchid\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre, chaque fleur \u00e9tant  visit\u00e9e par un type d&rsquo;insecte bien particulier. Dans le cas pr\u00e9sent,  l&rsquo;abeille pi\u00e9g\u00e9e dans l&rsquo;ambre fossile est une ouvri\u00e8re d&rsquo;une esp\u00e8ce  \u00e9teinte, <em>Proplebeia dominicana<\/em>, qui avait la particularit\u00e9 de ne pas poss\u00e9der de dard.<br><strong>Un boom spectaculaire<\/strong><br>L&rsquo;\u00e9quipe  dirig\u00e9e par Santiago Ramirez, de l&rsquo;universit\u00e9 Harvard (\u00c9tats-Unis), a  montr\u00e9 que les grains de pollen retrouv\u00e9s sur le sp\u00e9cimen avaient des  caract\u00e9ristiques (taille, forme, ornementation) semblables \u00e0 celles  d&rsquo;une sous-tribu d&rsquo;orchid\u00e9es, les goodyerinae, dont<em> M. caribea<\/em> faisait donc partie.<br>Mais la position des pollinies sur le dos de l&rsquo;abeille fossilis\u00e9e est atypique. \u00ab <em>Chez les goodyerinae actuelles, les pollinies adh\u00e8rent aux mandibules de l&rsquo;insecte\u00a0\u00bb<\/em>, note les auteurs qui en concluent que la fleur de <em>M. caribea<\/em> \u00e9tait probablement <em>\u00ab en forme de gosier\u00a0\u00bb<\/em> de fa\u00e7on \u00e0 permettre \u00e0 <em>\u00ab la partie ant\u00e9rieure du corps de l&rsquo;abeille de p\u00e9n\u00e9trer enti\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la fleur.\u00a0\u00bb<\/em><br>La  datation pr\u00e9cise de leur nouvelle orchid\u00e9e a \u00e9galement permis aux  auteurs de revisiter l&rsquo;histoire \u00e9volutive de cette illustre famille de  plantes, insuffisamment connue du fait de l&rsquo;absence de fossiles.<br>D&rsquo;apr\u00e8s leurs calculs, le <em>\u00ab plus r\u00e9cent anc\u00eatre commun\u00a0\u00bb<\/em>  des orchid\u00e9es actuelles vivait au Cr\u00e9tac\u00e9 sup\u00e9rieur entre -84 et -76  millions d&rsquo;ann\u00e9es. En outre, la famille des orchid\u00e9es aurait connu un  boom spectaculaire, avec l&rsquo;apparition d&rsquo;un grand nombre de nouvelles  lign\u00e9es peu de temps apr\u00e8s l&rsquo;extinction de masse survenue \u00e0 la limite du  Cr\u00e9tac\u00e9-Tertiaire, il y a 65 millions d&rsquo;ann\u00e9es au cours de laquelle les  dinosaures et un tr\u00e8s grand nombre d&rsquo;esp\u00e8ces vivantes ont \u00e9t\u00e9  d\u00e9finitivement ray\u00e9s de la carte. Autant de r\u00e9sultats qui plaident pour  une origine ancienne des orchid\u00e9es, mais qui demandent \u00e0 \u00eatre confirm\u00e9s  par la d\u00e9couverte&#8230; de nouveaux fossiles. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\"><em> MARC MENNESSIER<\/em> <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La relation \u00e9troite qui lie ces \u00e9tonnantes plantes \u00e0 fleurs \u00e0 leurs insectes pollinisateurs dure depuis au moins quinze \u00e0 vingt millions d&rsquo;ann\u00e9es. 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